Une Histoire Enfantine



Le Dossier de la Création
Un homme, à l’allure plutôt grise, coiffé d’un chapeau gris lui aussi, s’ennuie au rythme du tic-tac de l’horloge qui jamais ne cesse de décompter le temps. Tous les jours, ce même homme répète les mêmes mots, tous les jours il reproduit les mêmes gestes, habité par un sentiment de lassitude. A deux pas, un voisin “musicien” l’observe discrètement se débattre avec sa grisaille, jusqu’au jour où il décide d’intervenir pour que cesse cette rengaine peu joyeuse des jours sans surprise.

Une idée germe soudain dans l’esprit du “musicien” pour mettre un grain de sable dans l’engrenage de cette routine. Un chapeau pourrait faire l’affaire pourvu qu’il lui donne la force de sotir la tête de son brouillard et l’amène à regarder vers d’autres horizons. Comme si une vie nouvelle pouvait fleurir à partir de ce simple bouleversement.

Ce geste du voisin marquera le début d’une série d’aventures dont le chapeau, accessoire du quoti- dien, sera le fil rouge. Un chapeau qui n’a de cesse de surprendre celui qui le porte en l’entraînant dans une excitation de joie où les mots deviennent un prétexte à jouer, à se divertir, à rêver d’un voyage extraordinaire vers des terres inconnues.

Pour cette création théâtrale écrite à l’attention des enfants de 3 à 10 ans, à un âge où l’appren- tissage des mots ouvre les voies de la communication avec l’autre, nous avons voulu retrouver l’hé- ritage des auteurs pour qui le verbe a toujours été prétexte à développer l’imaginaire. Car connaî- tre les mots, comme les notes de musique ou les couleurs primaires, c’est un moyen de s’exprimer avec précision autant qu’une possibilité de s’amuser avec, de les assembler, de les domestiquer.

Ce que nous cherchons à transmettre ici c’est qu’en puisant dans ses propres ressources et dans le dialogue avec l’autre, l’individu trouve toujours les moyens de concrétiser ses rêves les plus enfouis. Et s’il n’y a pas “une seule” recette pour accéder à la joie, c’est qu’il y en a tout un tas en vérité. Il ne nous reste plus qu’à ouvrir les yeux et prendre à bras-le-corps ce qui nous tombe sous la main. Une seule touche de couleur ou un seul objet tombé du ciel peuvent nous aider à repenser le monde; à le modeler à notre goût; à prendre le large pour le visiter de fond en combles; à trans- former un voisin en compagnon de route pour cette occasion et s’il faut que la maison serve d’em- barcation, qu’à celà ne tienne...