Je vous embrasse


S’il y a une thématique absolument universelle et à laquelle personne ne peut échapper c’est celle de la mort. Comment se fera le passage de la vie à la mort pour chacun d’entre nous ? Comment nous y préparer ? Comment vivre avec cette pensée ? Comment accompagner un proche dans ses derniers instants ? Toutes ces questions restent taboues dans notre société qui prône la politique de l’autruche jusqu’à ce que la réalité nous rattrape inexorablement entraînant parfois son lot de regrets.
La mort, où a-t-elle lieu dans notre société bien propre sur elle, toujours prête ? Depuis la fin de la grande guerre, nous avons commencé à vivre comme des immortels, image vendue par l’industrie pharmaceutique, cosmétique, modique etc. Nous avons mis la mort dans des mains gantées de latex qui elles-mêmes n’y sont pas toujours préparées.
En tant que citoyens, en tant qu’artistes, en tant qu’êtres humains, nous avons l’absolue conviction que ces questionnements doivent être posés dans l’espace public afin que chacun puisse se les réapproprier. Non pas pour se morfondre dans l’obsession d’une fin incontournable mais pour enchanter son vivant. Pour ce faire, nous proposons une voie ludique, poétique, absurde et décalée, parfois philosophique, parfois triviale : le spectacle « Je vous Embrasse »


Notes d’intentions
Elisabeth Kûbler-Ross : « L’image que chacun se fait de la mort modifie sa vie »
J’ai rencontré il y a quelques années une femme béninoise qui venait pour la deuxième fois seulement en France et elle m’a fait cette remarque : « c’est étonnant ce que vous faites de vos vieux ici, vous les cachez ? ». Après réflexion, il me parait évident aujourd’hui que la mort a été, au cours de notre récent processus de civilisation, peu à peu éloignée de notre vie commune. Tout comme la fin de vie. Ces moments que l’on fuit, comme si l’on voulait croire à l’immortalité, que l’on ne vit plus à la maison, mais dans les hôpitaux où l’on peut déléguer à des personnes professionnelles, l’assistance et l’encadrement de nos derniers jours. Nous avons déposé dans des mains gantées de latex l’un des événements les plus importants de notre existence.
Alors nous même, comment sommes nous face à la mort –inévitable-, celle de notre entourage, et la nôtre ? Comment se fait-il qu’en France il ne soit toujours pas possible de décider soit même de notre fin de vie ? Pourquoi pousse-t-on des services de réanimation à accrocher à la vie des gens qui ne peuvent plus vivre dans des conditions dignes, au point qu’elles-mêmes préféreraient s’en aller ? Des questions qui – me semble t-il doivent retrouver leur place dans l’espace public. Essayer de lever le voile sur le questionnement, la souffrance enfouie ou la révolte que l’on cache délibérément.
Thomas Mann : « Sans la mort il n’y aurait pas eu de poète sur la terre »
« Je vous embrasse » est un drame-comique construit à partir d’un travail approfondi de recherches et d’études sur le terrain. La collecte de données offre la parole à l’expérience et à l’expertise du personnel soignant mais aussi de familles confrontées à la fin de vie. Par la suite nous allons diluer la charge de l’information dans l’une des principales langues du théâtre : le masque comique.
Michael Angelo : « Il n’y a en moi nulle pensée que la mort n’ait sculptée de son ciseau »
Des personnages vont traverser l’espace de jeu, en traitant avec poésie la mort et donc la vie. Ils vont ainsi mettre en lumière les tabous, les contradictions, les stéréotypes, les choix paradoxaux, les craintes, les espoirs, dans lesquels nous pouvons tous nous reconnaître. Deux langages forts et extrêmes qui vont balancer le public en permanence entre le fantasme et la réalité, l’identification et l’éloignement, l’émotion et l’information.
Faouzi Skali : « porte les yeux sur ta mort et tu recevras chaque souffle de vie comme un don, porte tes yeux sur la vie passagère et tu verras l’éternité »

un projet porté par la compagnie PAS ’SAGE et Maril Van den broek

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